Confiance en soi et ménagerie neuronale Partie 2/2

confiance en soi

Confiance en soi et ménagerie neuronale Partie 2/2

Améliorer votre attention, changer de point de posture avec la créativité, fabriquer de la mémoire du futur, entretenir la loi des petits riens, faire des efforts de mémoire, activer la boucle vertueuse avec l’autocongratulation. Grâce à ces 6 actions simples vous pouvez dynamiser votre espace de travail neuronal, changer votre cerveau et faire évoluer durablement votre confiance en vous.

 

 

COMPRENDRE L’ESPACE DE TRAVAIL NEURONAL POUR SAVOIR COMMENT AGIR AVEC SOI-MÊME

espace de travail global neuronal

Modèle simplifié de l’espace de travail neuronal global

Votre cerveau se renouvelle et se transforme sans cesse. Ces modifications ont lieu dans ce que l’on appelle « l’espace globale de travail neuronal » théorie élaborée par Stanislas Dehaene et Lionnel Naccache et repris par Bernadette Lecerf-Thomas dans Activer les talents avec les Neurosciences. Cet espace est constitué de cinq éléments (ou cinq systèmes) qui interagissent : l’attention, les perceptions, la mémoire, l’évaluation (liée étroitement aux émotions) et le mouvement. Pour changer efficacement, durablement et en profondeur il est nécessaire de réformer la « carte routière » de nos cerveaux et pour cela il est recommandé d’agir sur chacun de ces éléments.

Explications

« Ce n’est pas parce qu’on a vécu des expériences que l’on a de l’expérience … il faut sans cesse se les remémorer et les reméditer… Une fois que nous avons transformé les expériences en conscience, nous sommes prêts pour un nouveau commencement » Edgard Morin

 

L’attention : une compétence à développer

 

C’est le système de focalisation qui permet de choisir d’orienter l’attention sur une chose plutôt qu’une autre. En Neurodanse © l’attention portée aux trois niveaux de conscience (physique, émotionnel et mental/imaginaire) favorise le développement de cette fonction « attention ». Elle est un soutien pour aiguiser sa capacité à se concentrer sur certaines choses (positives par exemple !) plutôt que sur d’autres (négatives) et accroître son aptitude à choisir d’être en lien mentalement avec un type d’événement plutôt qu’un autre. Par ailleurs, la pleine conscience portée à ce qui se passe dans le corps, dans l’esprit et dans le cœur permet de discerner les trois et de prendre la mesure de leur inter action et leur influence réciproque.

 

 

Prendre de la hauteur : changer de posture et de point de vue

 

 

confiance en soi

 

Dans la pratique que je propose l’expression à travers divers supports artistiques, la présence, le feed back d’un témoin et le modèle de communication (je vois-j’entends, je ressens, j’imagine) sont autant de ressources et d’outils pour se distancier, regarder et relater un vécu différemment.

La tendance naturelle du cerveau étant à voir et à mémoriser le négatif, il nous faut l’entraîner à voir et mémoriser le positif. En Neurodanse ©, pratique résolument orientée ressources, les personnes apprennent à faire bouger les lignes de leur mode de communication intrapersonnelle (manière de repenser à des situations, façon de se parler intérieurement, point de vue sur elle-même…). Elles apprennent aussi à enrichir leur vocabulaire pour adopter des mots, des formulations et des tournures orientées vers le positif et à mettre en évidence ce qui fonctionne. Cela ne veut pas dire que ce qui est perçu comme négatif est exclu du tableau. Les propositions invitent à regarder les expériences et à se regarder soi-même comme un paysage global ,en prenant tout en compte mais en dirigeant consciemment son regard sur ce qui est gratifiant et bienfaisant.

En adoptant un point de vue orienté positif  le système des perceptions s’ouvre et on active l’attention différemment.

 

La mémoire : la renouveler pour créer un futur différent du passé

 

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Mémoire du futur : changer ses perspectives, déplacer son attention, modifier son regard, oser l’insolite pour se fabriquer un avenir à la mesure de son envergure !

 

C’est elle qui nous différencie les uns des autres dans notre perception du monde. C’est le chaudron de nos souvenirs personnels, des connaissances, des savoir-faire. Elle modèle l’identité comme les mains d’un potier l’argile. Pour vivre un futur qui soit différent du passé nous devons emmagasiner de nouveaux souvenirs. Autrement dit, nous devons rajouter de l’équipement à notre cuisine intérieure ! Si nous fonctionnons toujours avec le même stock de mémoire (les mêmes ingrédients), nous créons toujours le même futur que dans le passé (nous faisons toujours les mêmes recettes à quelque chose près!) rien ne change.

A chaque fois que nous vivons une expérience nouvelle, de nouveaux groupes de neurones déchargent ensemble. La cartographie du réseau s’élargit et nous enrichissons notre mémoire de nouvelles données. Des nouvelles informations chimiques viennent irriguer le corps par le jeu des hormones. Des choses changent. : nouvelles postures, nouveaux mouvements, nouvelles sensations, nouvelles pensées, nouveaux imaginaires naissent. Et c’est ainsi que nous équipons notre cuisine intérieure de nouveaux ingrédients. Ce sont les vertus magiques de la plasticité neuronale !

 

Evaluer et donner de la valeur aux faits positifs

 

C’est la partie de l’espace de travail neuronal appelé « système d’évaluation » qui va donner de la valeur aux situations. Il est étroitement lié aux émotions et au système dit « récompense »  Comment petit à petit valoriser ce qui est bon pour soi ?

En Neurodanse© , toute expérience est intimement reliée aux trois niveaux de conscience. Nous apprenons à reconnaître, identifier et valoriser ce qui a fait du bien, a nourri, a été rassurant, sécurisant, réconfortant, réjouissant, et cela au niveau physique, émotionnel et mental/imaginaire.

Nous l’avons vu, la tendance du cerveau est à donner de la valeur et du crédit à ce qui est susceptible d’atteindre notre intégrité. En reconnaissant ce qui, dans une expérience, a été positif, gai, agréable l’individu réoriente son système de valeur vers ce qui est bon pour lui. Cette démarche est en fait tout un nouveau mode de penser qu’il faut s’approprier, développer et cultiver. Par cette démarche consciente le sujet apprend à résister à la tendance naturelle de son cerveau. A muscler sa conscience et son esprit afin que ceux-ci s’aiguillonnent vers le meilleur de plus en plus facilement et de manière de plus en plus automatique. De plus, en portant son attention sur ce qui a été agréable, sur ce qui a fait du bien, a réconforté, mis en joie, la personne nourrit la partie d’elle blessée.

Ici ce sont les systèmes valeur et perception qui sont impactés.

 

Apprendre à se souvenir des « petits » événements salutaires et glorieux ou la loi des petits riens du quotidien

 

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La confiance en soi : nourrir les toutes petites pousses en soi pour qu’elles deviennent grandes

 

Vivre des expériences positives est une chose, s’en souvenir et l’inscrire dans son circuit et sa mémoire en est une autre ! Un fait vécu positivement peut vite tomber dans l’oubli et être effacé par des modes de pensées dévalorisants, des habitudes de regards sur soi-même limitatives ou encore des souvenirs d’expériences passées malheureuses. Il s’agit donc de s’équiper d’outils de réflexion, de prise de recul, de grilles de lecture et de modèles de communication. Ceci dans le but d’apprendre à transformer un petit événement positif en expérience positive sans la réduire à un simple fait arrivé « par chance ».

 

Pour faire simple notre système fait des vas et viens entre deux circuits :

 

  • celui de la peur qui met en branle une boucle vicieuse et
  • celui de la récompense qui produit une boucle vertueuse.

Quand l’un ou l’autre des deux circuits se met en route, souvenirs, émotions, sensations, postures physiques se déclenchent, s’enchaînent et s’autoalimentent.

C’est la boucle vertueuse qui fait aller de l’avant, qui stimule la motivation, qui donne du courage et de l’élan à sortir d’une zone de confort.

La reconnaissance est un besoin psychologique qui repose sur des mécanismes physiologiques. Situations réelles, souvenirs ou images mentales de reconnaissance occasionnent la production de dopamine. Par ailleurs dès que le cerveau reconnaît des signaux (internes ou externes) de confiance et même si la personne n’en est pas pleinement consciente, son corps produit de l’ocytocine, l’hormone de la confiance. Elle a un effet vertueux : la confiance entraîne la confiance. Apprendre à identifier, à s’imprégner et à se remémorer au quotidien des faits positifs ordinaires (et même ceux qualifiés d’insignifiants) concourt à répandre dans le corps, dans le cœur et dans le cerveau des informations bonnes pour l’estime de soi.

 

S’imprégner des faits positifs c’est arroser sa terre d’une eau généreuse et riche afin que les fleurs de la confiance fleurissent. Systèmes mémoire, émotion et perception sont les plus engagés dans cette démarche.

 

L’autocongratulation : un levier pour activer la boucle vertueuse de la confiance en soi

 

Se valoriser d’une réussite, être fièr-e de soi peut paraître prétentieux. Pourtant les bénéfices de nommer (à soi-même ou à des pairs) les petites victoires, les moments de satisfaction, ceux où vous vous êtes dépassés sont non négligeables : ils cultivent une estime et une confiance en soi solide et durable. Comme l’ écrit Alice Miller  « si nous nous bâtissons exclusivement avec et à travers le regard des autres, si nous accordons une trop grande place à la reconnaissances des autres de nos propres qualités au détriment de la sienne nous risquons de mettre à mal tôt ou tard notre confiance ».

Reconnaître sa valeur, son mérite, son talent, ses qualités, son potentiel, ses ressources sont les fondements d’une confiance soi solide. La pédagogie et les outils de la Neurodanse© proposent une voie pour apprivoiser une autre manière de se conduire avec soi-même et de porter sur sa propre personne un regard bienveillant, respectueux et aimant. Une voie qui permet d’accéder à la fierté d’être soi avec ses forces et ses imperfections.

Distinguer aussi souvent que possible les avancées faites et la nouvelle confiance qui croît en soi, se réjouir d’avoir osé quelque chose de nouveau, d’avoir pris une initiative ou d’être sortir d’une habitude, aussi simple et anodine soit-elle, c’est une façon d’entrer dans le mouvement de reprogrammation des images et des voix intérieures et c’est, petit à petit, se distancier d’un trait de personnalité à laquelle la personne s’est identifiée: le manque de confiance en soi.

La aussi, la mémoire engramme du bon nouveau et progressivement le système valeur se modifie.

 

Conclusion :

 

L’espace de travail neuronal est l’endroit où se loge des ressources de transformation et de résilience insoupçonnées.
Chacun des systèmes le constituant (système mémoire, attention, perception, moteur, valeur/émotion) est intimement en relation avec les autres. Si vous agissez sur l’un cela impact les autres. Si vous agissez sur les cinq, alors le processus de changement est d’autant plus profond, rapide, global et durable.
Ainsi que l’on comprend la pertinence des approches intermodales étroitement liées à la pleine conscience au corps-esprit-cœur : passer par le corps, s’appuyer sur les émotions, étayer son cheminement grâce à l’imaginaire, nourrir et donner la place au mental, favoriser des échanges avec des témoins soutenant et non jugeant, encourager l’expression sous différentes formes artistique : danse, dessin, écriture, land art, argile, voix. Autant de leviers qui vont activer tour à tour chacun de ces systèmes.

Dernier point à ne pas négliger : pour engrammer de nouvelles informations dans chacun de ces cinq systèmes il faut

  • de la répétition,
  • de la patience et donc du temps,
  • de la bienveillance à son égard pour ses « retour en arrière » qui ne sont en fait que des « pas en avant déguisés » dans les processus d’apprentissage et de changement.

 

Lire la 1ère partie de cet article ICI

 

Références :
Le Drame de l’Enfant Doué, Alice Miller
Approche Centrée sur la Personne, Carl Rogers

 

 

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