2006, je viens d’arriver en Inde, seule avec mon vélo. Le choc culturel est renversant. Peu après être arrivée je suis sur une route qui me semble immense, fourmillante, bruyante, affolante (pour mes repères habituels). Une panique m’envahie, je sens en une fraction de secondes que ça pourrait complètement me faire vriller, que je suis sur un point de bascule. Si je bascule du mauvais côté je pourrais ne pas en revenir. C’est vertigineux, effrayant, déroutant.

J’ai le réflexe d’apporter mon attention sur :

 

Le 1er réflexe de sécurité c’est LE SUPPORT. Sentir le support.

Quand on est saisi par une spirale (ici la panique, mais ça peut aussi bien être la colère, la rage, le sentiment d’impuissance dévastateur, la tristesse, l’effroi), une part de nous voir tout notre être se désoriente. Il perd le contact avec la réalité. Celle d’ici, maintenant, dans ce lieu, à cette date, à cette heure. La ressource à mobiliser est donc de TOURNER SON ATTENTION vers les points de contact entre son corps et un support externe.

 

Il y a 2 « mouvements » dans la relation au support :

Je vais vers le support, je me permets, j’ose confier mon poids, je peux me déposer sur le support,
Le support « vient vers » moi ; je peux me laisser « toucher », me laisser soutenir par le support. Je peux sentir sa fiabilité, sa solidité.

Ces 2 « mouvements » sont surtout deux mouvements de pensées, deux postures intérieures différentes, deux intentions différentes. Et chacune va nous soutenir, nous informer, nous raconter quelque chose de différent (d’ailleurs si un des deux « mouvements » génère des sensations ou des émotions inconfortables ce sera alors très pertinent d’aller explorer cela avec un thérapeute, exemple : triste si je laisse le support venir à moi).

 

Sentiment de sécurité et sécurité

En voyage à vélo j’ai été en situation d’insécurité, d’un point de vue objectif (Afghanistan, Pakistan pendant les attentats de la mosquée rouge, seule au milieu du désert de Gobi en Mongolie sans plus une goutte d’eau… et j’en passe).

Pourtant quelque chose en moi était profondément habité et soutenu par un sentiment de sécurité.

Le sentiment de sécurité est un état intérieur, un équilibre, une sorte d’assurance, d’aplomb, d’ancrage dont les racines sont profondément ancrées dans plein de choses très différentes que chacun construit en fonction de son histoire et de son système de croyance.

Pour ma part, à l’époque mon sentiment de sécurité était largement enraciné dans ma confiance et ma foi que la Vie me protégeait. Je me sentais, je me vivais extrêmement bien « accompagnée » même si j’étais seule sur les routes.

Le Vivant autour de moi semait des indices pour cultiver mon sentiment de sécurité (à travers les animaux notamment et en particulier les buses).

A certains moments ce Vivant était un « rempart », un « manteau d’invisibilité » ou encore un passant bienveillant.

Le sentiment de sécurité est quelque chose d’intérieur (quoi qu’il arrive je peux le contacter, il est 100% « sous mon contrôle ») alors que la sécurité fait davantage référence à quelque chose d’extérieur à nous (elle peut disparaitre ou s’altérer malgré moi, je n’ai pas 100% « le contrôle dessus »).

Le sentiment d’insécurité lui, s’exprime principalement par une vulnérabilité. Dans mon exemple, mon système a confondu sentiment d’insécurité (qu’il a transformé en panique) et insécurité réelle.

D’ailleurs le sentiment d’insécurité, selon une enquête réalisée auprès de citadins, est souvent alimenté par des signes extérieurs de désordre (bruit, saleté, forme de chaos, ordures qui trainent, agitation, dégradation…).

L’émotion déclenchée par le sentiment d’insécurité suspend notre aptitude à rationnaliser, elle brouille les perceptions, elle détourne et focus notre attention vers ce qui est vu comme « dangereux », affecte notre capacité de raisonnement/ l’émotion.

Inde, novembre 2006, attroupement autour du vélo dans un village. Tour du monde à vélo 2005-2008

Pour cultiver le sentiment de sécurité

Pour minimiser le sentiment d’insécurité et cultiver celui de sécurité, voici des éléments-ressources qui sont à notre disposition :

 

 

 

 

 

Prochaines transmission Neurodanse :

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Une réponse

  1. Merci Béatrice pour ce texte éclairant et aidant, concret. Il tombe à pic pour moi, me rappelle des notions que j’avais oubliées, me remet dans mon corps, ce formidable allié. Avec reconnaissance et affection, Véronique.

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