Sortir des cases : repenser la régulation du système nerveux

Le système nerveux n’est pas un interrupteur à trois positions (ventral, sympathique, dorsal), mais une orchestration fine, nuancée et mouvante d’états, de micro-états et de transitions. À force de vouloir simplifier, nous risquons de perdre la richesse du vivant intérieur et de pathologiser des réponses profondément intelligentes.
théorie polyvagale

Ou Pourquoi la carte du système nerveux ne suffit plus

Lorsqu’on parle du système nerveux, il est tentant de chercher des repères simples.
Ventral, sympathique, dorsal.
Trois mots, trois cases, une carte rassurante.

Mais une carte n’est jamais le territoire.
Cette lecture en triptyque a eu le mérite de rendre visible l’invisible, de démocratiser une compréhension du vivant intérieur. Pourtant, à force d’être répétée, elle est devenue réductrice, et parfois même contre-productive.

Le système nerveux n’est pas un interrupteur à trois positions.
C’est une dynamique fine, mouvante, contextuelle, une orchestration permanente d’états, de micro-états, de transitions subtiles.
Entre le ventral « engagé et sécurisé » et le sympathique « mobilisé », il existe une infinité de nuances :
• De l’élan joyeux à la tension performative,
• De la curiosité vivante à l’(hyper)vigilance.

De la même manière, le dorsal n’est pas un bloc homogène de figement ou d’effondrement.
Il y a des dorsaux protecteurs, économes et même profondément réparateurs,
et d’autres plus dissociatifs et anesthésiants.

Les confondre, c’est risquer de pathologiser des réponses intelligentes du vivant.
La clé n’est donc pas l’état, mais la qualité de présence à l’état.
Sa profondeur.
Sa fluidité.
Sa capacité à accueillir, à s’accueillir.

Ce qui importe, ce n’est pas tant « où vous êtes » sur une carte théorique du système nerveux,
mais comment vous y êtes.

  •  À quel degré d’intensité l’état se manifeste-t-il ? S’agit-il d’une activation légère, vivante, soutenable, ou d’une montée qui devient envahissante, saturante, débordante ?
    La même activation peut être source d’élan, de créativité et de présence, ou basculer dans une tension excessive selon son intensité et sa durée.
  • Avec quelle marge de choix êtes-vous en relation avec cet état ? Avez-vous encore accès à des options (ralentir, ajuster, vous orienter différemment ou l’état s’impose-t-il à vous, comme une posture sans alternative possible ? La liberté intérieure ne se mesure pas à l’absence d’activation, mais à la capacité de rester acteur ou actrice de ce qui se vit.
  • Avec quel regard accueillez-vous cet état ? Un regard curieux, bienveillant, informé,
    ou un regard teinté de jugement, de lutte, de volonté de corriger ou de faire disparaître ? Le regard posé sur l’expérience modifie profondément la manière dont le système nerveux la traite. Ce qui est accueilli se régule autrement que ce qui est combattu.
  • Et surtout, avec quelle capacité de passage vers un autre état si nécessaire ?
    Pouvez-vous sentir quand un état devient trop coûteux, et amorcer une transition (vers plus de repos, de sécurité, de mobilisation ajustée ? La santé du système nerveux ne réside pas dans la fixité d’un état « idéal », mais dans la fluidité des passages, dans l’art de naviguer entre les états sans s’y enfermer, ni s’y perdre.

 

 

Le système nerveux fonctionne en continuum, pas en silos.
Il s’ajuste en permanence à l’environnement, à l’histoire, au sens donné à l’expérience, au récit que nous en faisons.

Deux personnes peuvent être en activation sympathique, mais vivre des réalités intérieures radicalement différentes.
Amener de la précision, c’est :

• Apprendre à sentir les micro-signaux corporels (mouvements internes, sensations…),
• Discerner et accueillir toute la palette d’émotions,
• Entendre les différentes parts de soi,
• Prendre conscience de tous les récits que celles-ci racontent,
• Distinguer activation et débordement, repos et effondrement,
• Repérer immobilité choisie et figement subi,
• Différencier « être calme et prendre du recul » ou être en réalité « un peu dissocié ».

C’est sortir d’une lecture binaire pour entrer dans une présence et une conscience beaucoup plus grande.
Une écoute plus fine du vivant.
Une écoute vraie.
Pas une écoute qui cherche à « retourner absolument en ventral »,
pas une écoute qui a déjà une intention : celle de transformer un état.

Et c’est là que commence un vrai travail de régulation :
non pas chercher à « revenir au ventral » à tout prix,
mais élargir sa capacité à habiter chaque état sans s’y perdre.
Développer une profonde bienveillance et compassion à son égard.

La régulation n’est pas un état idéal à atteindre.
C’est l’art de la présence à ce qui se vit en soi.
Une danse fine entre sécurité, activation, retrait et retour.

Plus la conscience devient précise,
moins le système a besoin de crier.
Et plus la sécurité, la liberté et l’agilité intérieure s’installent de façon profondément incarnée.

 

 

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