Nous apprenons à oser, en osant …se lancer sans attendre d’être prête

Pour oser et commencer, la seule expérience qui nous manque est celle d’avoir, justement, osé et commencé.

On imagine souvent qu’un matin, on se réveillera prêt.e. Que la capacité à se lancer dans le fameux projet, l’idée qui trotte dans la tête, arrivera d’un coup, entière, évidente. Mais ce matin-là n’arrivera probablement pas.

Nous voulons acquérir, avant de commencer, des compétences et de l’expérience qui ne s’acquièrent qu’en commençant et en expérimentant. Lancer une activité, changer de métier, écrire un article, faire une vidéo, prendre la parole, recontacter une amie perdue de vue, envoyer un message à quelqu’un qui nous plaît.

Ce qui nous fait souvent défaut dans ces situations, c’est d’OSER le premier pas.

Se passer régulièrement dans sa tête le film de sa meilleure vie, d’une nouvelle relation, du job de ses rêves, de son projet artistique formidable, c’est confortable. Personne ne juge, ne refuse, ne critique, ni ne vous colle un vent. Pas d’exposition = zéro prise de risque = pas de montée en compétences = pas de réel changement.

Quel que soit le premier pas que vous fassiez, il sera probablement imparfait, maladroit, voire complètement foiré, mais il aura été fait et vous aurez appris quelque chose. Ne serait-ce que « Fallait pas faire comme ça ! ».

Chez les autres, nous voyons le résultat, rarement les tentatives ratées et les séries de flops. Nous n’avons pas été témoins des trouilles au ventre qu’iel s’est coltinées, de toutes les fois où son visage a viré au rouge de honte ou au livide d’effondrement intérieur.

 

Il y aura des échecs et des nuits blanches …

Il y aura des échecs. Vous aurez le ventre noué, la gorge serrée, vous vous taperez la honte, des insomnies, des sueurs froides, des coups de chaud, des envies de chialer à tout bout de champ, vous allez regretter, recevoir des critiques, des avis, des remarques désobligeantes et des leçons de gens qui n’ont jamais bougé leurs fesses.

Oui, au début, ça va piquer. Mais avec l’expérience, ça passe, parce que tout finit par passer. En osant, vous aurez testé et avancé. Et surtout, vous aurez appris qu’être critiqué.e, désapprouvé.e, échouer, être maladroit.e, faire des trucs nazes, avoir l’air ridicule, être débutant.e, passer pour quelqu’un que vous n’êtes pas, est 200 % désagréable, mais pas mortel !

 

Élargir sa fenêtre de tolérance

Il ne s’agit pas de s’endurcir, de foncer tête baissée, de rentrer dans le tas sans réfléchir, ni d’encaisser les coups sans broncher, sans pleurer ou en se convainquant « même pas mal, même pas peur, rien à faire ». Il s’agit d’élargir sa fenêtre de tolérance à la « prise de risque », petite dose après petite dose.

Cette notion-là est toute relative : à chacun.e son Everest. Certain.es sont capables de faire des choses de dingo dans leur vie, mais passer un coup de fil ou cliquer sur « envoyer », c’est le bout du monde ! Retenons-nous d’avoir un quelconque avis sur ce genre de paradoxe. La nature humaine est complexe et donne à vivre des contradictions parfois absurdes et incompréhensibles. Personne n’est épargné.

Quels que soient nos envies, nos rêves, nos projets, puissions-nous avoir le cœurage de remplacer la gravité par la curiosité, l’impertinence de mettre du jeu à la place de l’enjeu, et l’audace de commencer petit, commencer imparfaitement, commencer timidement, mais commencer quand même !

Pour oser et commencer, la seule expérience qui nous manque est celle d’avoir, justement, osé et commencé.

 

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